EMPIRE DE RUSSIE Exceptionnel ensemble complet…

Lot 97
Résultat: 1 400 000 €

EMPIRE DE RUSSIE Exceptionnel ensemble complet…

EMPIRE DE RUSSIE Exceptionnel ensemble complet de chevalier, du modèle en usage à la fin du XVIIIème siècle et au tout début du XIXème, et comprenant: 1) Le collier, environ 1,50 m de long, à vingt trois maillons en or ciselé et émaillé uniface réunis par de forts anneaux ovales et composé de: a) neuf aigles impériales bicéphales couronnées aux ailes éployées, en émail noir, portant au centre Saint-Georges terrassant le dragon et, dans leurs serres, le globe impérial émaillé de bleu à droite et le sceptre à gauche. (environ 38 mm de large, 56 mm de haut). b) sept médaillons en forme d'étoile rayonnante à seize rayons émaillés de rouge, portant la croix de Saint-André en émail bleu et, au centre, sur fond d'émail rouge, les initiales latines "S" "A" "P" "R" (Sanctus Andreas Patronus Russiae) (environ 40 mm de large, 50 mm de haut). c) sept écus d'émail bleu portant le monogramme couronné de Pierre Ier apposé sur un trophée d'armes composé de tubes de canons, de trompette et de tambour surmonté de drapeaux et d'étendards de part et d'autre, émaillés de vert, de rose orangé et de bleu. (environ 42 mm de large, 56 mm de haut). Contrôles "H", et "H" au centre d'une fleur à huit pétales, au revers de tous les maillons SAPR et de ceux aux monogrammes, "H", "OH" (ou "O") et marque de Saint-Pétersbourg avec la date 1797 au revers de tous les maillons à l'aigle impériale. Dans son écrin d'origine (70 cm de long, 11,8 cm de large, 2,4 cm d'épaisseur) en maroquin rouge orné d'une petite frise dorée, intérieur en velours noir et satin de soie blanche, fermant à deux crochets. Divers petits accidents aux émaux, principalement aux émaux rouges des coiffes des couronnes impériales, mais très bel état général de conservation pour un objet de cette époque. 2) le bijou, 56 x 98 mm (avec sa couronne) en or ciselé et émaillé, présentant l'aigle impériale bicéphale les ailes éployées, en émail noir rehaussé de ciselures les plumes soulignées de traits à l'or sur les deux faces, chaque tête surmontée d'une petite couronne impériale en émail rouge et blanc, le corps chargé, à l'avers, de la croix de Saint-André, le Saint finement peint au naturel sur émail bleu, initiales latines "S", "A", "P", "R" en lettres d'or aux extrémités de la croix. Au revers légende cyrillique "Pour la Foi et la Fidélité" finement peinte sur un ruban rose et blanc. Le tout est surmonté d'une forte couronne impériale, 32 x 34 mm, en or ciselé et émaillé soutenant l'aigle par deux longs anneaux ovales, la coiffe de la couronne émaillée de rouge à l'avers, de bleu au revers, et bordée de joyaux bleus et rouges finement peints sur des bandes d'émail blanc. Large bélière d'attache au collier (ou à l'écharpe) au revers. Sans écharpe. Contrôle de Saint-Pétersbourg au revers d'une patte de l'aigle. Petits accidents aux émaux du revers, principalement aux émaux noirs et or des plumes de la queue, l'avers dans un état presque parfait. 3) la plaque, 85 x 85 mm, en broderies de paillettes, lames et cannetille d'argent, le centre, à plusieurs niveaux, en broderies de cannetilles d'argent, la légende, sur fonds de fils de soie bleu ciel, brodée de lames et de fils dorés rehaussés de fils de soie verts et rouges pour les lauriers de la base, l'aigle impériale du centre en fils de soie noirs et bleus, sur fond de fils jaunes, couronnes en cannetilles dorées, lauriers à gauche en fils de soie verts et cannetilles dorées. Au dos fin papier de protections bleu ciel portant, d'une écriture ancienne à l'encre noire "St André". Très petits accidents, peu visibles, principalement à l'extrémité de certaines pointes, mais très peu de traces d'oxydation et, pour ce type d'objet, en très bel état de conservation. Ensemble rarissime et en très bel état sous les réserves ci-dessus Estimation sur demande à l'étude. Outre le nombre de leurs maillons, 23 au lieu de 17 après la réforme de 1856, et bien entendu la présence éventuelle de marques datées au revers, les anciens colliers de Saint-André sont reconnaissables à la forme effilée des aigles impériales, forme que l'on retrouve sur le bijou. Le présent exemplaire se démarque des rares exemplaires connus de Pannach (fournisseur du chapitre des Ordres russes de 1821 à 1835) par la forme de l'écu de Saint-Georges sur les maillons aux aigles, le modèle et l'émaillage des maillons au chiffre de Pierre Ier, divers détails sur les maillons "S.A.P.R.", l'émaillage du bijou, ici rehaussé à l'or, celui et de sa couronne, et enfin du modèle du centre de la plaque. Il s'agit, à notre connaissance, d'un exemplaire quasi unique par son ancienneté des insignes de cet Ordre prestigieux. Selon toute vraisemblance, et selon la tradition familiale, l'ensemble de distinctions russers serait celui du 5ème duc de Richelieu. Armand-Emmanuel du Plessis, 5ème duc de Richelieu, petit-fils du maréchal, naquit à Paris en 1766. Après de solides études au cours desquelles il apprit diverse langues étrangères, dont le russe, il s'engagea dans la vie militaire tout en demeurant proche de la Cour. Envoyé à Vienne en 1790 il rejoignit rapidement l'armée russe, et reçut la croix de Saint-Georges et une épée d'or de Catherine II (1729-1796, impératrice en 1762) après sa courageuse participation au siège d'Izamaïl sous les ordres du général Souvarov. Colonel, puis général-major (lieutenant-général en 1802), après son passage à l'armée de Condé, et sa disgrâce sous le règne de Paul Ier (1754-1801, empereur en 1801), il fût nommé en 1803 gouverneur d'Odessa par Alexandre Ier (1777-1825, empereur en 1801) avec lequel il avait des liens d'amitié. Gouverneur de toute la "Nouvelle Russie" (territoires méridionaux repris aux turcs) peu de temps après, il parvint à aménager et équiper la ville d'Odessa, petite colonie fondée par Catherine II, qui à son départ, en 1814, comptait 35.000 habitants dans une province devenue prospère et sûre, et qui demeure toujours fidèle à son souvenir. Rentré à Paris en 1814, nommé pair de France et premier gentilhomme de la Chambre, il suivit Louis XVIII en 1815 avant de rejoindre Alexandre Ier au Congrès de Vienne. En septembre 1815, après la démission de Talleyrand, il devint président du Conseil et Ministre des Affaires Etrangères et conclut, à ce titre, le second Traité de Paris, en obtenant quelques concessions à ses dispositions les plus dures, grâce à ses liens anciens d'amitié avec Alexandre Ier. Au plan intérieur il dut faire face aux conséquences des Cent Jours et participer à la "Terreur blanche", en traduisant le maréchal Ney devant la Chambre des Paities, mais proposa une loi d'amnistie au lendemain de son exécution, et finit par obtenir la dissolution de la "Chambre Introuvable" en 1816. De cette date et jusqu'en 1818 il parvint à concilier la royauté et les aspirations nationales en gouvernant avec les libéraux, notamment pour la reconstitution de l'armée. A l'extérieur il parvint, grâce à de multiples efforts et à une politique d'emprunts à régler les indemnités de guerre et à obtenir, en novembre 1818, au Congrès d'Aix la Chapelle, la libération anticipée du territoire national. Il présenta sa démission en Décembre 1818, lors des obstacles dressés par les ultras et les intrigues politiques. Rappelé en 1820, après l'assassinat du duc de Berry, le duc de Richelieu fut à nouveau président du Conseil, fit adopter la loi du double vote, mais attaqué par les ultras d'une part et les libéraux de l'autre il démissionna à nouveau fin 1821. Il mourut brutalement, en mai 1822, à l'âge de 55 ans. Lorsque l'Empereur Alexandre vint visiter la ville, en 1818, il se montra si satisfait de l'oeuvre du duc, par ailleurs premier ministre de Louis XVIII et fin négociateur avec les Alliés, et l'aide russe, pour la libération du territoire français, qu'il le fît chevalier de Saint-André et de ses Ordres (chevalier de Saint-Alexandre et chevalier du 1ère classe de Saint-Anne). Le duc de Richelieu fut également fait, en France, chevalier du Saint-Esprit en 1818 et était académicien depuis 1816. On comptait en 1818, 113 chevaliers de Saint André. Bibliographie: "Le duc de Richelieu" par Emmanuel de Waresquiel, Paris, Perrin 1990, réédité en 2009. "Le duc de Richelieu en Russie et en France" par Léon de Crousaz-Crétet, 1897. "Biographie des hommes vivants", collectif, tome 5, Paris, Michaud 1819. "Wikipédia "Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu", etc...) Sans postérité le duc avait adopté son neveu, Armand François Odet de Jumilhac, auquel le roi avait accepté que soit transmis le titre de duc de Richelieu et sa pairie avec réversion dans la descendance de son frère cadet au cas où il décéderait sans héritier mâle, ce qui se produisit en 1879. La fille du 7ème duc, Odile, épousera Gabriel de la Rochefoucauld, dont la fille Anne conserva de nombreux souvenirs de famille. C'est la provenance directe des distinctions présentées ici.
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