Brutus, traître ou héros ?

Marcus Junius Brutus Caepio, après des études de philosophie en Grèce, est envoyé à Chypre par Pompée ; après un bref retour à Rome, il obtient la questure de sénateur romain en Cilicie. Protégé par Jules César, bien qu'il l'ait combattu à la bataille de Pharsale, Brutus gravit tous les échelons du cursus honorum. Malgré ces faveurs, il demeure un républicain convaincu, et accepte de faire partie du coup d'Etat pour renverser son protecteur. Le 15 mar 44 av. J.-C., il fut celui qui donna le dernier coup de poignard à Jules César. Brutus se réfugie alors sur le Capitole avec les conjurés, arrive à rejoindre Athènes, puis la province de Crète. Poursuivi par Marc Antoine, voulant venger à la fois la mort de César et celle de son propre frère, Caius Antonius, il se rallie à Cassius. La bataille décisive les opposa à Marc Antoine et Octave dans la plaine de Philippes, dans la province de Macédoine. Vaincu, Brutus se suicide ; sa mort marque la fin de la République. Il frappa monnaie lors de son exil, certaines pièces à son effigie avec la légende "Brut Imp" (Brutus Imperator"). D'autres présentent une femme voilée, parfois avec une légende "Libertas", ou comme ici, un buste qui, selon certains, représenterait Aphrodite. Ce monnayage lui permettait d'administrer des territoires fidèles à sa cause et de lever une armée. Selon Plutarque, s'adressant à ses hommes avant de mourir, il proclama : "Dans le passé comme aujourd'hui, oui, je suis plus heureux, qu'ils ne le seront jamais. Je laisserai au moins une réputation de vertu. De cela, ils ne triompheront jamais par les armes"... 

Gazette n° 42 du 30 novembre 2018, page 80